21 mois de présidence Biden : Janvier-Août 2021, de l’état de grâce à l’humiliation afghane (1/3)

Mardi 8 novembre, les américains sont appelés aux urnes pour les élections de mi-mandat du président Joe Biden. Comme nous l’avons vu dans l’article explicatif sur les MidTerms, les électeurs profitent généralement de cette élection pour sanctionner le pouvoir en place et les démocrates sont bien partis pour subir le même sort cette année. Cette sanction sera-t-elle méritée ? Pour le juger, je vous propose d’analyser les 21 mois de présidence de Biden au moyen de 3 articles retraçant chronologiquement la présidence de Joe Biden. Dans ce premier opus, je reviendrai sur les 7 premiers mois du mandat de janvier à août 2021. L’entrée en fonction de Joe Biden est sans aucun doute la période la plus productive de son mandat avec des résultats encourageants en économie et une gestion de la vaccination contre le Covid efficace mais aussi un premier couac et revirement, prévisible, de sa politique migratoire. En ce début de mandat, Joe Biden tranche d’abord avec son prédécesseur sur la forme, en particulier sur l’image renvoyée à l’international. C’est pourtant bien l’international qui va faire dérailler sévèrement l’image de Biden dans l’opinion publique avec la gestion catastrophique du départ des troupes américaines d’Afghanistan. Peut-on parler, tout de même, de débuts réussis pour Biden ?

Economie : Un plan de protection sociale ambitieux et des premiers chiffres encourageants

Evolution de quelques indicateurs économiques sur la période

L’arrivée de Joe Biden à la Maison Blanche se fait dans un contexte économique particulièrement compliqué en raison de la pandémie de covid-19. Malgré une reprise progressive, le chômage est encore important, le déficit budgétaire atteint des sommets et le PIB a reculé de près de 3% en 2020. Pour répondre à cela, le président démocrate parvient à faire voter au Sénat l’American Rescue Plan Act le 11 mars 2021, plan de protection sociale le plus important depuis des décennies. Ce plan de 2 000 milliards de dollars se veut une réponse directe au plan de réduction d’impôts promulgué par Trump 3 ans plus tôt et qui avait surtout profité aux classes les plus aisées. Parmi les mesures phares, les personnes disposant de moins de 75 000$ de revenus obtiennent une prime de 1 400$, les allocations familiales sont augmentées, le droit aux allocations chômage est prolongé, des investissements sont réalisés dans l’éducation et l’accès aux soins est facilité pour les personnes moins aisées. Par ailleurs, les petites entreprises reçoivent plusieurs milliards de dollars d’aide. Le plan est bien accueilli par l’opinion publique et celui-ci s’accompagne d’une reprise économique progressive au cours des 2 premiers semestres de 2021. Si le chômage baisse de 1% et revient à 5,4% en août, l’inflation pointe le bout de son nez et augmente de 4% pour atteindre 5,3%, conséquence logique de ce plan ainsi que des différents plans d’aide mis en place par Donald Trump en 2020. Le bilan économique de cette première partie de mandat est donc plutôt encourageant pour Joe Biden et lui permet de maintenir une côte de popularité élevée jusqu’à l’été 2021.

Gestion de la pandémie : de la vaccination heureuse aux premiers doutes

Evolution des indicateurs principaux de l’épidémie et de la vaccination

L’épidémie de Covid-19 est l’autre sujet chaud lors de la prise de fonction de Joe Biden. Le pays connaît alors une recrudescence de cas avec 10 millions de nouveaux cas et 100 000 morts de plus sur la période décembre/janvier. Dès le 20 janvier 2021, Joe Biden fait promulguer une douzaine de décrets pour lutter contre l’épidémie : entres autres, il promulgue le rétablissement des restrictions de voyage, le masque obligatoire dans les transports et tous les bâtiments publics, il annule la sortie des Etats-Unis de l’OMS et vise 100 millions de doses de vaccins administrées en 100 jours. Grâce aux commandes passées par Donald Trump en 2020 et aux mesures incitatives mises en place par le nouveau gouvernement, le cap des 100 millions de doses est atteint dès le 12 mars et celui des 200 millions de doses le 22 avril 2021. Joe Biden peut même se permettre de faire redistribuer une partie de ses stocks de vaccins aux autres pays à partir de mai 2021. Le 25 mai 50% de la population adulte est vaccinée puis 70% au 4 août 2021. A partir de juin, cette politique incitative touche ses limites. En effet, un plateau est atteint et le gouvernement décide alors de mettre en place des mesures plus restrictives contre les non vaccinés pour les inciter à la vaccination (pass vaccinal, tests obligatoires, etc). Cependant, l’arrivée du variant delta courant juin fait remonter les cas et le nombre de morts, qui dépasse les 640 000 fin août, et renforce les doutes de la population non vaccinée sur l’efficacité des vaccins. Après 7 mois de mandat, en dépit de la reprise de la pandémie, le gouvernement Biden apparaît, aux yeux de l’opinion, comme plus apte à gérer cette crise que ne le fut son prédécesseur de par ses revirements incessants.

Immigration : Après les mesures symboliques, le temps des revirements et des problèmes

Migrants sud américains en marche vers la frontière américano-mexicaine

Joe Biden était attendu au tournant sur la thématique de l’immigration. Tandis que Trump avait mené une politique dure en criminalisant l’immigration illégale et en réduisant le plafond de réfugiés acceptés sur le sol américain à 15 000 par an, les démocrates promettaient de revenir à une politique d’accueil plus généreuse et de détricoter tous les décrets anti-immigration du président républicain. C’est ce à quoi s’est attelé Biden dès le jour un de son mandat en révoquant l’interdiction de voyager aux Etats-Unis (Travel Ban) aux personnes venant de 14 pays principalement musulmans, en ordonnant l’arrêt de la construction du mur à la frontière mexicaine et en mettant fin à l’Etat d’urgence migratoire décrété en 2019. Joe Biden a également décrété, dès son investiture, l’augmentation du plafond de réfugiés à 125 000 par an et a suspendu toutes les expulsions en cours pour les 100 premiers jours de son mandat. Les conséquences ne se sont pas faites attendre et elles ont été bien plus catastrophiques que prévues pour l’état major démocrate. De véritables hordes de migrants en provenance du Nicaragua, du Honduras ou du Guatemala ont déferlé sur la frontière mexicaine avant même l’intronisation de Biden. Fin mars, Kamala Harris est chargée de régler le problème par le président et celle-ci conjure les migrants de ne plus venir aux Etats-Unis. Le gouvernement est à la fois critiqué par son aile gauche, celle de Bernie Sanders, demandant une régularisation massive de tous les immigrés et par toute l’opposition républicaine et les juges de nombreux Etats refusant de stopper les expulsions en cette période d’arrivée massive. Sans majorité dans son parti ni dans l’opinion, Joe Biden est contraint de revenir sur sa promesse d’augmenter le plafond de réfugiés accueillis et rétablit dès avril certains décrets de Donald Trump. Sur toute l’année 2021, plus de 1,7 millions d’immigrants illégaux ont été arrêtés par les gardes-frontières et expulsés et seulement 12 000 réfugiés ont été admis ce qui constitue un record que même Trump n’avait pas atteint. Je l’avais annoncé en 2020 lors de l’élection présidentielle américaine, tôt ou tard Biden, membre de l’aile droite du parti démocrate, ne pouvait qu’appliquer une politique migratoire plus dure pour éviter la fuite des électeurs indépendants et centristes vers le parti Républicain et, en bon pragmatique, il l’a mise en place plutôt tôt que tard dans son mandat. Avec ces revirements, l’opinion publique a tout de même sévèrement jugé sa politique migratoire et seulement 31% des électeurs considèrent qu’il mène une politique migratoire bonne pour le pays dans un sondage publié en novembre 2021. Plus de 50% de la population américaine est, par ailleurs, fermement opposée à l’immigration illégale et soutient le maintien de quotas faibles pour l’immigration légale. L’immigration est définitivement le point noir du début de mandat de Joe Biden.

Environnement : Make Climate Great Again

Biden prend le contre pied total des Républicains sur le thème de l’environnement

A la différence du thème de l’immigration, Joe Biden jouait sur du velours sur la thématique de l’écologie car Donald Trump n’avait aucun bilan à présenter. Durant ses 4 années de mandat, ce dernier a tout simplement nié tout changement climatique, choisi de n’écouter aucun expert scientifique et a décidé de quitter les accord de Paris sur le climat pour se libérer de toute contrainte de réduction d’émission de CO2. Sur le plan énergétique, il a favorisé le forage du gaz de schiste sans tenir compte des potentielles conséquences pour la planète. Joe Biden adopte une toute autre stratégie dès son arrivée au pouvoir. Il réintègre les accords de Paris et suspend la participation américaine au projet d’oléoduc Keystone XL qui devait relier le Nebraska à l’Alberta au Canada dès le jour 1 de sa présidence. Joe Biden inscrit le changement climatique comme une urgence nationale et une menace existentielle pour les Etats-Unis. Pour parvenir à réduire drastiquement les émissions de CO2 tout en n’impactant pas l’emploi américain, Joe Biden souhaite lancer un Green New Deal ayant pour objectif de créer 10 millions d’emplois verts d’ici 2035 et de réduire les émissions de 45 à 50%. Ce plan de 973 milliards de dollars consiste à construire plus de 4 millions logements verts, investir dans des transports en commun verts dans toutes les grandes villes américaines, développer une agriculture responsable et mettre en avant les énergies renouvelables en développant les parcs solaire et éolien. Après d’âpres négociations avec le Sénat, le plan est validé le 10 août 2021 ce qui constitue une réussite pour Biden même si son aile gauche pousse pour aller plus loin sur ce sujet. De fait, les américains se sentent en majorité très peu concernés par le changement climatique en dépit de la part énorme des émissions de gaz à effet de serre dégagés par les Etats-Unis dans le monde. Contrairement aux quelques mesures symboliques consenties par Obama entre 2008 et 2016, Biden et son administration font un effort en ce début de mandat pour être un partenaire moteur de la lutte contre le réchauffement climatique à l’international en poussant les autres pays à investir dans les énergies vertes et à respecter les accords de Paris afin d’éviter une augmentation trop importante des températures sur Terre d’ici 2100 (2 à 3°C si rien n’est fait selon une majorité de scientifiques). A l’intérieur du pays, si les entreprises de la tech comme Tesla, Microsoft ou Google jouent le jeu et se fixent des objectifs de réduction de leurs émissions de CO2 à horizon 2030, le gouvernement doit faire face aux résistances des compagnies pétrolières. Le gouvernement fédéral suspend tous les baux pétroliers et gaziers accordés dans les parcs nationaux ou réserves naturelles dès la remise en vigueur des accords de Paris. Les tribunaux administratifs fédéraux, appuyés par les gouverneurs d’Etats républicains, parviennent à faire suspendre les décrets exécutifs et les mises en vente de baux pétroliers reprennent de plus belle dès septembre 2021. Ainsi, nous pouvons dire que Biden a fait de gros efforts dès les premiers jours de son mandat pour faire symboliquement reconnaître l’urgence d’agir contre le dérèglement climatique et a fait voter des plans allant dans ce sens. Cependant, les Etats-Unis étant un Etat fédéral, Biden fait face aux résistances locales et ne peut pas contenter les lobbys écologiques ayant soutenu sa campagne de 2020 comme il le voudrait.

International : Continuité sur le fond, rupture dans la forme

Joe Biden se demande où il se trouve et pourquoi un homme avec la chevelure de Trump se tient sur sa gauche

Les affaires étrangères sont la prérogative principale d’un chef de l’Etat et sur ce sujet l’attente des américains était simple : poursuivre la politique de Trump sans Trump. Trump s’était déjà plutôt inscrit dans la continuité de la politique d’Obama : désengagement militaire au Moyen-Orient et en Afghanistan, lutte intensive contre l’influence grandissante de la Chine et désintérêt pour l’Europe. Il avait marqué sa différence dans la méthode en abandonnant souvent la diplomatie multilatérale pour lui préférer les négociations bilatérales et optait pour la stratégie de l’homme imprévisible (ou fou selon les sensibilités) pour parvenir à ses fins. Aux rayons des ruptures de fond, Trump avait fait le choix de la détente avec la Russie et la Corée du Nord et celui des sanctions contre le régime iranien. Dans ce contexte, Biden reprend la méthode de gouvernance d’Obama tout en validant plusieurs réalisations de Trump. Il confirme que le traité de libre échange avec le Canada et le Mexique signé par Trump est un meilleur deal que feu l’ALENA de Bill Clinton. Il maintient les sanctions de Trump contre Cuba et le Venezuela en Amérique Latine. Avec l’Europe, les relations sont désormais moins tendues : Biden revient à une diplomatie multilatérale et réaffirme le rôle de l’OTAN dans la défense du continent européen. Face à la Chine, Biden embrasse le discours dur et quasi belliqueux de son prédécesseur : la Chine est un pays aux pratiques commerciales déloyales qui menace Taïwan et Hong Kong et ne respecte pas les droits de l’homme. Biden va même jusqu’à accuser la Chine d’avoir créé le Covid-19 comme le sermonnait Trump pendant la campagne présidentielle de 2020. En ce qui concerne les différences avec Trump, Biden met fin à l’escalade des tensions avec l’Iran et souhaite reprendre les négociations si ces derniers stoppent l’enrichissement d’uranium. En outre, Biden renoue avec une diplomatie dure et agressive contre le régime de Poutine. Les tensions se cristallisent déjà en 2021 autour du statut de l’Ukraine et de son entrée potentielle dans l’OTAN que Biden réfute. Il reprend donc la politique de sanctions à l’encontre du régime de Poutine, contrairement à son prédécesseur. Si Biden rend donc une copie plutôt conforme aux attentes du peuple américain, un sujet va semer le chaos en août 2021 : le départ des troupes américaines d’Afghanistan.

guerre en Afghanistan : la déroute américaine

Départ de dignitaires afghans ayant aidé l’armée américaine pendant 20 ans

Le 29 février 2020, Donald Trump, qui avait promis de quitter l’Afghanistan, dès la fin de son premier mandat signe un accord avec les Talibans. L’armée américaine quittera le territoire le 1er mai 2021 et d’ici cette date, les Talibans promettent de respecter un cessez le feu avec l’armée du gouvernement afghan et de ne rien tenter pour prendre le pouvoir. Avec le changement de gouvernance, Biden charge son administration d’évaluer si la situation est sous contrôle pour évacuer entièrement le pays à cette date où s’il faut ralentir le processus de retrait. Il est finalement convaincu par plusieurs personnes d’attendre avant de faire partir les 2 500 derniers soldats d’Afghanistan. Biden s’adresse à la nation le 13 avril 2021 et annonce que le départ de toutes les troupes américaines ne sera effectif qu’au 11 septembre 2021, 20 ans après les attentats du World Trade Center. Se sentant libéré de l’accord, les Talibans lancent une offensive dans le Nord du pays dès le 1er mai 2021 contre les forces afghanes. Les Talibans gagnent du terrain lentement au cours des 2 premiers mois. Début juillet 2021, en dépit de la reprise du conflit, la plupart des 2 500 américains ont déjà quitté l’Afghanistan et l’armée américaine soutient de moins en moins l’armée du gouvernement afghan. Pourtant, Biden déclare que la probabilité d’une chute du gouvernement afghan est plus qu’improbable lors d’une conférence de presse. En privé, les services de renseignement estiment alors que le gouvernement tiendra, au mieux, de 6 à 12 mois face aux Talibans. L’avancée talibane s’accélère en juillet et les renseignements américains estiment alors que Kaboul ne tiendra que quelques mois. Le 10 août, soit 5 jours avant la prise de Kaboul, la chute du régime est estimée pour dans 30 à 90 jours. Le 15 août, les Talibans mènent une offensive éclair sur Kaboul qui est prise le jour même. Le gouvernement afghan tombe et des milliers de civils tentent de s’enfuir. Le président Biden ne réagit que le lendemain et admet alors que le retrait des troupes américaines est un échec et qu’il n’avait pas anticipé un tel scénario catastrophe. Néanmoins, il assume que le retrait des troupes américaines est définitif et qu’il ne souhaite pas la mort d’un soldat américain de plus sur le territoire afghan. Les images et la précipitation des événements ont l’effet d’une véritable onde de choc dans toute l’opinion et Biden voit sa côte de popularité dégringoler, cette déroute ayant des relents de fin de guerre du Vietnam. Doit-on imputer cette débandade au seul Biden ? J’y reviendrai plus en détail après les MidTerms mais la débandade afghane (et irakienne avant cela) est d’abord et surtout de la responsabilité des néo conservateurs républicains et démocrates qui régnaient dans les 2 partis dans les années 2000 et avaient décidé de mener cette opération de longue durée. Obama a, ensuite, essayé en vain de faire de l’Afghanistan un paradis progressiste (par exemple, en donnant des cours sur les différentes mouvances LGBT existantes et sur les erreurs à ne pas commettre pour mégenrer son prochain aux Talibans… ça ne pouvait que bien se passer non ?) tout en préparant le départ des troupes. Trump a fixé la date du départ en négociant directement avec les Talibans par pragmatisme. L’erreur véritablement imputable à Biden est de ne pas avoir respecté le plan de départ de Trump en restant sur place 4 mois de plus. Il aurait pu s’éviter ces images dramatiques s’il n’avait pas surestimé les capacités de résistance d’un Etat afghan corrompu. Il faut tout de même reconnaître à Biden un discours de grande dignité le 16 août au cours duquel il a assumé ses erreurs ainsi que celles de tous ses prédécesseurs.

Image du Président et bilan : de l’état de grâce au retour de Sleepy Joe

La côte de popularité reste stable à 55% jusqu’en juillet 2021 où la crise afghane éclate

En conclusion, je dirai que cette première partie de mandat a plutôt été une bonne phase du mandat de Biden. La pandémie de covid-19 a été gérée de manière plus sereine et la vaccination a été bien organisée. Biden a défini un plan ambitieux dans le domaine de l’environnement et a essayé d’instiller quelques mesures sociales. La crise migratoire a, toutefois, ravivé les divisions du parti démocrate et rappelé que l’immigration de masse n’était plus souhaitée par les électeurs. Sur le plan de l’image en tant que tel, s’il a d’abord rassuré en renouant avec ses partenaires à l’international, la guerre en Afghanistan et sa difficulté à réagir instantanément ont rappelé aux américains que le président Biden était un homme de 78 ans âgé et souvent endormi. Je ne reviendrai pas sur les quelques gaffes de Biden qui n’ont pas non plus rassuré sur son état de santé au cours de cette première période. Concernant sa côte de popularité, Biden, qui avait démarré son mandat avec 55% d’avis positifs et 38% d’avis négatifs, se retrouve avec 46% d’avis favorables contre 48% d’avis défavorables au 1er septembre 2021. Le début d’une chute ?

Le début de la fin pour Sleepy Joe ?

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