MidTerms 2022 : 2 ans après la défaite, où en sont les Républicains et Donald Trump ?

Après avoir remonté le temps pour analyser les 21 mois de la présidence Biden, occupons nous du parti Républicain et de son chef Donald Trump. Battu en 2020 par Joe Biden mais refusant de reconnaître le résultat, beaucoup ont cru en la mort politique de l’ancien président républicain suite à son soutien implicite de l’invasion du Capitole le 6 janvier 2021 par ses partisans les plus fanatiques. Pourtant, Donald Trump a survécu et semble avoir plus que jamais la mainmise sur le parti républicain tant dans le choix des hommes que de la ligne idéologique. Une victoire éclatante des Républicains lors des MidTerms serait assurément vu comme son succès mais des personnalités trumpistes sont également en train d’émerger : les loyalistes comme Kari Lake qui visent avant tout le poste de candidat à la Vice-Présidence au côté de Donald et ceux qui se placent déjà comme les héritiers du boss et se préparent, peut-être, pour l’élection de 2024 comme Ron DeSantis. Le parti Républicain est-il plus fort et plus Trumpien qu’en 2020 ? Retour sur ces 2 années du parti républicain dans l’opposition.

Novembre 2020-Mars 2021 : Face au déni de Trump, la tentation de tuer le milliardaire pour survivre

Nous sommes le 4 novembre 2020, il est 2h du matin et les résultats tendent vers une victoire du président sortant. Trump se présente sur scène sûr de lui et déclare sa victoire. Quelques heures plus tard, les votes par correspondance inversent la tendance dans 4 Etats clés et Biden est finalement déclaré vainqueur par les médias le 7 novembre. A partir de ce jour, Donald Trump promet à ses supporters que cette élection est loin d’être terminée et qu’il démontrera la fraude électorale dont il aurait été la victime. Pendant 2 mois, tous les recours juridiques vont être utilisés par le président républicain pour prouver qu’il y a eu fraude. Le parti républicain fait alors bloc derrière lui en très grande majorité puisque seulement quelques élus néoconservateurs ou modérés comme Romney ou Liz Cheney reconnaissent la victoire de Joe Biden dès novembre 2020. Pas moins de 86 juges de tribunaux d’Etat et fédéraux, parfois nommés par Trump lui-même, sont amenés à se prononcer sur les plaintes déposées par l’équipe de campagne du président et le résultat est sans appel : toutes les contestations sont rejetées faute de preuves évidentes. Donald Trump, qui est un homme à l’égo surdimensionné (vous l’aviez remarqué je pense), s’enferme petit à petit dans le déni et, entourés de ses soutiens les plus complotistes, commence à punir ceux qui essaient de lui faire entendre raison. Le directeur de l’agence de cybersécurité Chris Krebs est, ainsi, renvoyé le 17 novembre après avoir osé énoncer la triste vérité au Président.

Après le choc et le déni vient le temps de la dépression pour notre ami Donald. Alors que le collège électoral certifie la victoire de Biden le 14 décembre, le président se retire dans sa résidence de Mar-a-Lago et joue au golf plutôt que de coopérer à la transition présidentielle comme le veut la tradition. Entre 2 swings, Donald passe des coups de fil colériques aux responsables républicains locaux, aux législateurs républicains des Etats ou fédéraux, au ministère de la Justice ou même au Vice-Président Mike Pence pour obtenir l’annulation des résultats des élections mais personne ne peut l’aider. Alors Donald menace, en particulier le gouverneur de Géorgie en lui demandant de retrouver les votes perdus, ceux marqués à l’isotope radioactif et cachés quelque part dans l’Etat. Malheureusement pour Trump, ces bulletins n’ont jamais existé et les résultats de l’élection sont bien vrais. Vers le 4 janvier à 2 jours de la validation de l’élection devant le Congrès, Trump semble accepter son sort en lançant les protocoles de transition avec Biden. Et c’est alors que le drame se produit.

Mike Pence confirmant le résultat des élections le 6 janvier 2021 tandis que les manifestants investissent le Capitole

Le 6 janvier 2021, tandis que Mike Pence est censé ratifier les résultats avec le Congrès, Donald Trump reprend sa campagne présidentielle et organise un meeting géant à Washington où il chauffe la foule en demandant à Pence l’annulation du résultat ou, à défaut, ordonne à ses manifestants de reprendre le pays en marchant sur le Capitole. 10 minutes avant la fin de son meeting, la foule marche vers le Capitole et, une heure plus tard, force les barrières de police et entre dans le bâtiment. Durant 3h, Trump tweet des messages ambigus sur Twitter et Facebook et les personnes ayant été en privé avec Donald à ce moment là, l’ont décrit comme tiraillé. Il semblait content de ce qu’il se passait mais il a mesuré le risque de prendre totalement parti pour les manifestants. Dans l’histoire, il y a les bons et les mauvais coups d’Etat et un bon coup d’Etat c’est celui qui réussit. Vers 18h, pour la première fois de sa carrière politique, Donald lâche ses militants et leur conjure de rentrer chez eux. La victoire de Biden est confirmée par le congrès et Trump annonce son départ le 20 janvier tout en refusant toujours de concéder la défaite.

Le 11 janvier, une procédure d’impeachment est lancée contre Donald Trump et les républicains ont l’occasion d’écarter Donald Trump. Le 13 janvier, la chambre des représentants vote pour que le procès de destitution ait lieu au Sénat par 232 voix contre 197. 10 représentants républicains sur 211 dont Liz Cheney franchissent le Rubicon et votent pour le procès. Le 13 février après 5 jours de procès au Sénat, Trump est acquitté par 57 voix contre 43 (il faut une majorité des 2/3 pour condamner) après une diatribe virulente du chef de la minorité républicaine Mitch McConnell qui le déclare responsable mais non coupable des événements. 7 républicains votent la destitution. L’ego bouffi de Donald Trump a failli lui coûter cher, très cher mais les républicains auraient peut-être perdu les élections pour 30 ans s’ils s’étaient débarrassés de celui qui a refaçonné le parti depuis 4 ans d’une façon aussi brutale. Ce n’était pas le moment et l’élection de 2020 n’a pas été une défaite assez nette pour se permettre un tel coup. Les frondeurs sont tous censurés dans la foulée de leurs votes par le parti Républicain, signe de la mainmise idéologique des trumpistes sur le parti. En mars 2021, après 1 mois et demi de silence imposé par son bannissement de twitter (et peut-être par lui-même), Donald Trump s’exprime lors d’un congrès républicain. L’ancien président, un peu plus timide que d’habitude, réalise un discours incisif contre la politique migratoire de Biden. La magie opère à nouveau et le show Donald peut reprendre pour un nouveau cycle !

L’ego de Donald Trump l’a presque poussé vers la sortie mais la fin de Trump n’était pas encore venue

Mars 2021-Août 2022 : la victoire de la ligne trumpiste au sein du parti républicain et la chasse aux derniers rino

Après cette période compliquée, le parti Républicain compte ses forces trumpistes. En effet, Trump a défini la politique qu’il attend au Congrès : une opposition des élus républicains aussi systématique que celle des élus démocrates du temps où il était président. L’objectif est de faire échouer la stratégie du président Biden qui consiste à tendre la main à l’opposition pour négocier le vote des lois de son programme. A la chambre des Représentants, plus de 170 députés sur les 211 sont des élus fidèles à Donald Trump et pourraient mourir pour lui (par opportunisme électoral ou réel fanatisme). Une quarantaine de députés sont des modérés ou des néo conservateurs qui sont des historiques du parti Républicain et ne sont pas des afficionados de l’ex président, voire de vrais opposants internes pour 10 d’entre eux (ceux qui ont voté l’impeachment). Du fait du renouvellement tous les 2 ans de la chambre des représentants, il est tout à fait normal qu’il y ait déjà beaucoup plus de candidats pro-Trump dans cette chambre. Au Sénat, 30 députés sur les 50 républicains sont des pro-Trump. Les 20 autres sont des soutiens du sénateur Mitch McConnell qui est un néoconservateur converti de force au Trumpisme. Parmi ces 20 élus, 7 ont voté la destitution de Trump comme nous l’avons vu. Dans cette chambre, Trump contrôle donc moins les faits et gestes des républicains et il est arrivé plus régulièrement, au cours des 2 ans de présidence démocrate, que des élus votent pour faire passer des plans de Joe Biden. En particulier, le vote pour la loi sur les infrastructures qui recueillera l’appui de 19 élus républicains. Toutefois, les élus républicains vont, dans les grandes lignes, respecter cette stratégie d’opposition systématique à Joe Biden.

De son côté, Donald Trump retourne vivre dans son club de Mar-a-Lago qui devient son QG de campagne pour les présid.. euh MidTerms 2022. Il crée des comités de soutien financier pour différents élus et futurs candidats républicains et crée son réseau social Truth Social qu’il lance en février 2022 pour disposer d’une plateforme de communication, 1 an après son bannissement de Twitter et Facebook. A partir du 26 juin 2021, il reprend la route et effectue des meetings comme pendant ses 2 campagnes présidentielles dans le but de récolter des fonds pour la campagne des MidTerms et pour sa future campagne de 2024. Il récolte, ainsi, deux fois plus d’argent que le Parti Républicain ce qui assoit encore plus sa domination idéologique et logistique sur le parti. De janvier à août 2022, il soutient financièrement plus de 200 candidats aux primaires républicaines pour les MidTerms et mène une vendetta contre les 10 représentants qui avaient osé voté pour son impeachment. Il fait de même avec les 3 sénateurs parmi les 7 « traîtres » qui doivent se faire réélire en 2022. Bilan de cette campagne vengeresse : 8 des 10 représentants abandonnent ou se font battre (dont Liz Cheney) et 2 survivent (dont 1 parce qu’il a de grandes chances de se faire battre par les démocrates mardi 8 novembre). Parmi les Sénateurs, 2 abandonnent la course et la troisième Murkowski subira une élection avec 3 candidats : un adversaire trumpiste et un candidat démocrate, l’élue s’étant présentée sans l’étiquette républicaine. Donald Trump a donc réussi à liquider presque tous ces ennemis, ceux qu’il appelle les RINO : Republicans In Name Only soit en français les Républicains de nom seulement. Cette catégorie regroupe les élus trop modérés et ouverts au dialogue avec le camp démocrate ainsi que les anciens néoconservateurs qui soutenaient Bush par le passé.

Liz Cheney, symbole des élus RINO évincés par Donald Trump pour l’élection de mi-mandat

Trump doit composer, enfin, avec un dernier bloc : les conservateurs religieux. Ces derniers sont des électeurs fidèles au parti républicain qui se mobilisent beaucoup lors des élections. Donald Trump, qui n’a jamais caché être un progressiste sur les questions de moeurs, a pourtant noué une alliance totale avec ces conservateurs et a décidé d’embrasser leur cause sur l’avortement. Avec les 3 nominations républicaines de sa présidence à la Cour Suprême, il leur offre indirectement le scalp du droit à l’avortement en juin 2022. Néanmoins, Trump m’a semblé se rendre compte que ce sujet devait rester plutôt au dernier rang des sujets à aborder en meeting. L’immigration, l’insécurité et son passé de chef d’entreprise pour parler d’économie sont les 3 thématiques qu’il porte depuis le début de sa carrière politique et il fait, depuis juin, beaucoup d’efforts pour que la thématique du droit à l’avortement ne fasse pas trop la une de ses prises de parole. Faire des cadeaux aux conservateurs de plus en plus ringards politiquement oui mais les faire monter sur scène ou les prendre comme Vice-Président (coucou Mike Pence), c’est certainement fini. Pour regagner de la légitimité et rassurer en 2024, Trump sera bien inspiré de regarder plutôt du côté des élus plus modernes voire modérés.

Août-Novembre 2022 : Campagne des Midterms, affaires contre Trump et émergence de Ron DESANTIS

Depuis août 2022, la campagne des MidTerms occupe totalement les esprits du parti Républicain et à moitié celui de Donald Trump. Si Donald Trump continue de faire des meetings pour soutenir les candidats choisis, Donald Trump a 3 autres sujets en tête : ses problèmes judiciaires qui commencent à le menacer directement, le bon timing pour lancer sa campagne présidentielle de 2024 et surveiller une étoile montante du parti, Ron DeSantis, le gouverneur de Floride.

En ce qui concerne, le sujet de la campagne des MidTerms, le slogan de campagne défini par le parti est simple : Save America. Il faut sauver l’Amérique de l’insécurité financière qui touche les familles les plus modestes à cause de l’inflation des prix en faisant du protectionnisme économique et moins d’écologie, sauver l’Amérique du crime et de l’insécurité qui monte dans les villes en rétablissant la loi et l’ordre, sauver l’Amérique de la crise migratoire qui pourrait terrasser la communauté blanche en stoppant les flux, sauver l’Amérique des délires wokes qui s’implantent dans les écoles en sanctuarisant l’école de l’idéologie de gauche et enfin sauver l’Amérique de la fraude électorale à venir en ne reconnaissant pas sa défaite si elle intervient 4 jours après l’élection. Ces 5 thématiques correspondent en grande partie aux attentes des électeurs républicains et aussi aux inquiétudes des électeurs indépendants mécontents de la politique de Joe Biden. De ce point de vue la, Donald Trump a bien bossé. Il fait monter en prime de nouvelles têtes d’affiche trumpistes jeunes et dynamiques comme Kari Lake qui vise le poste de gouverneur en Arizona. Fidèle en tout point à Trump, elle représente cette jeune garde qui compte faire survivre le Trumpisme après Trump en 2028.

Kari Lake aime son Donald et l’imite à la perfection

Les démêlés avec la justice est le deuxième sujet qui préoccupe Trump et conditionne son entrée en campagne pour la présidentielle, son troisième sujet d’inquiétude. Effectivement, Trump fait l’objet de plusieurs enquêtes sur ses relations commerciales et ses actions avant et pendant sa présidence. En particulier, le procureur de Géorgie enquête, depuis février 2021, sur ses appels téléphoniques au secrétaire d’Etat géorgien pour savoir s’il est coupable ou non d’avoir tenté d’influencer le résultat de la présidentielle de 2020 en usant de pressions. En outre, le procureur de New York mène des enquêtes sur les activités commerciales du chef d’entreprise Trump. En juillet 2021, les procureurs accusent son organisation de stratagème pour frauder fiscalement le gouvernement pendant 15 années avant son accession à la présidence. En décembre 2021, Trump est assigné à produire des documents liés à l’entreprise et assigné à comparaître. A partir du 25 avril 2022, faute de s’être présenté devant le tribunal, il est condamné à 10 000 $ d’amende par jour jusqu’à ce qu’il se conforme à l’assignation. En septembre 2022, le procureur de New York dépose plainte pour fraude civile contre Trump, son organisation et ses enfants. Enfin, une dernière enquête touche le président Trump. En janvier 2021, Donald Trump emporte des documents et du matériel gouvernemental dans sa résidence en Floride. En mai 2021, la National Archives and Records Administration (NARA) se rend compte que des archives et des documents importants n’ont pas été rendus par le président républicain. En janvier 2022, 15 boîtes de dossiers sont récupérés à Mar-a-Lago par la NARA et révèlent la présence de documents classifiés. Le 11 mai, le ministère de la Justice assigne Trump à comparaître pour des documents complémentaires. Le 3 juin, les avocats de Trump remettent tous les documents classifiés à la Maison Blanche, officiellement mais le 8 août 2022, des agents du FBI fouillent la résidence de Donald Trump et récupèrent des documents. Le mandat de perquisition révèle que des documents pourraient présenter des violations potentielles de la loi sur l’espionnage. Donald Trump est invité à s’expliquer devant le congrès le 14 novembre. C’est le jour qu’il envisage pour annoncer sa candidature à la présidentielle de 2024. Se rendra-t-il à cette convocation ou jouera-t-il la montre jusqu’en janvier et l’arrivée d’une nouvelle assemblée pour échapper à la convocation ? Nous le saurons très rapidement. Quoi qu’il en soit l’un de ces 3 procès pourraient lui coûter sa candidature à la présidentielle (surtout la dernière affaire) ou abîmer durablement son image et lui faire perdre une éventuelle primaire contre un challenger.

La campagne présidentielle de Donald Trump se prépare déjà

La question du challenger est justement le dernier sujet qui obsède Donald Trump et pas des moindres. Depuis 4 ans, un jeune républicain ambitieux de 44 ans, Ron DeSantis, a émergé parmi les figures républicaines. En 2018, Ron DeSantis, élu de la chambre des représentants depuis 6 ans, remporte d’extrême justesse l’élection de gouverneur de Floride grâce au sauvetage de sa campagne par Trump et ses meetings géants. Lors de cette campagne, DeSantis fait du Trump et adopte ses positions patriote et anti-immigration. 4 ans plus tard, DeSantis brigue un nouveau mandat de gouverneur mais n’a cette fois plus besoin de son mentor pour gagner. Entre temps, DeSantis a réussi à se faire un nom et devient petit à petit le champion des tenants du Trumpisme sans Trump et des derniers néoconservateurs en attente de la fin de l’ère Trump. Parmi les coups médiatiques du gouverneur, il s’est posé en opposant numéro 1 de la politique Covid de Biden durant l’année 2021, rejetant les confinements, les vaccins et les restrictions, se permettant le luxe d’être plus anti système que son mentor, pro vaccin. Il instrumentalise également la crise des migrants en 2022 en envoyant des avions remplis de migrants vers l’île de Martha’s Vineyard, lieu de villégiature prisé des familles Obama et Clinton. Il est souvent présenté par les médias comme un Donald Trump avec un cerveau et il cache de moins en moins ses ambitions pour 2024. Face à cette menace, Donald Trump a commencé la semaine dernière à décocher de premières flèches acerbes assez contreproductives dans le cadre de la campagne des MidTerms. Ron DeSantis a pour objectif de se faire réélire triomphalement mardi puis il aura alors 3 choix : soit oser défier Trump soit attendre une éventuelle mise hors course judiciaire de Trump soit se rallier au président et attendre 2028. Son choix dépendra aussi des résultats des candidats pro Trump ailleurs dans le pays qui seront une bonne indication de la véritable influence de Trump au sein du parti républicain.

Are they really in this together ? Si DeSantis reste derrière Trump tout ira bien sinon…

En conséquence, les MidTerms vont nous donner une idée de la santé du parti Républicain. Le parti devrait sortir renforcé de la séquence électorale en remportant a minima la chambre des Représentants et peut-être le Sénat. Toutefois, il faudra analyser plus en détail les résultats pour déterminer si cette victoire sera plutôt celle des trumpistes avec Trump ou des tenants de la ligne du trumpisme sans Trump. La réponse à cette question sera déterminante dans le choix de candidature ou non de DeSantis et influencera le comportement et la stratégie de Donald Trump pour 2024.

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